La biographie d’Edgar Faure:

Edgar Faure (1908-1988) fut chef du Gouvernement du 20 janvier 1952 au 28 février 1952 et du 23 mars 1955 au 24 janvier 1956.

Il participe au Comité français de libération nationale et devient procureur adjoint au procès de Nuremberg. Il détient des ministères économiques sous Pleven, Queuille, Laniel, Mendès-France, puis brièvement le portefeuille de la Justice et des Affaires étrangères. Edgar Faure est l’homme des fonctions délicates, à l’Agriculture en 1966 ou à l’Education nationale après mai 1968. Il devient président de l’Assemblée nationale de 1973 à 1978, sénateur et académicien à partir de 1980.

Conférence de presse d’Edgard Faure,
suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale,
le 12 février 1955.

Né à Béziers (Hérault), le 18 août 1908.
Études aux collèges de Verdun et Narbonne, aux lycées Janson de Sailly et Voltaire, à Paris. Agrégé des facultés de droit (droit romain et histoire du droit) (1962). Diplômé de l’École des langues orientales vivantes.
Avocat à la cour d’appel de Paris. De 1928 à 1929 Second Secrétaire de la conférence des avocats.
Depuis 1929 :
Avocat à la Cour de Paris Deuxième secrétaire à la Conférence du stage (1928-1929).
Juin - juillet 1944 :
Chargé des services législatifs de la présidence du Comité français de la Libération, puis du Gouvernement provisoire à Alger
1945 :
Procureur général adjoint français au Tribunal militaire international de Nuremberg
1946-1958 :
Député radical-socialiste du Jura .
1947-1970 :
Maire de Port-Lesney (Jura)
De 1967 à 1979 :
Conseiller général du canton de Pontarlier (Doubs)
1971-1978 :
Maire de Pontarlier
Depuis 1983 :
Maire de Port-Lesney .
1949-1950-1951 :
Secrétaire d’État aux Finances, puis ministre du Budget
Août 1951 :
Ministre de la Justice (Cabinet René Pleven)
10 janvier-29 février 1952 :
Président du Conseil, ministre des Finances .
1952-1953 :
Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
28 juin 1953:
Ministre des Finances et des Affaires économiques (Cabinet Joseph Laniel)
19 juin 1954 :
Ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan (cabinet Pierre Mendès France)
20 janvier-5 février 1955 :
Ministre des Affaires étrangères (Cabinet Pierre Mendès France, remanié ).
23 février 1955-24 janvier 1956 :
Président du Conseil des ministres .
14-31 mai 1958 .
Ministre des Finances (Cabinet Pierre Pflimlin)
avril 1959-février 1966 :
Sénateur du Jura
1951 :
Président du Comité d’expansion économique de Franche-Comté et du Territoire de Belfort puis de la Commission de développement économique régional (Coder) de Franche-Comté
1962 :
Professeur à la faculté de Droit de Dijon
Octobre - novembre 1963 :
Mission en République populaire de Chine
8 janvier 1966 -10 juillet 1968 :
Ministre de l’Agriculture (3e et 4e Cabinet Georges Pompidou). Député du Doubs
1980 :
Sénateur du Doubs Président du Conseil régional de Franche-Comté (depuis 1974).
12 juillet 1968-20 juin 1969 :
Ministre de l’Éducation nationale (Cabinet Maurice Couve de Murville). Directeur de recherches, professeur à la faculté de droit de Besançon (depuis 1972). Président de la Commission internationale sur le développement de l’éducation à l’UNESCO (depuis 1971).
6 juillet 1972-28 mars 1973 :
Ministre d’État, chargé des Affaires sociales (cabinet Pierre Messmer). Président du Comité d’études pour un nouveau contrat social (depuis 1972).
2 avril 1973-2 avril 1978 :
Président de l’Assemblée nationale Président (depuis 1976) ,de l’Institut libre d’études des relations internationales, de l’Institut international des droits de l’Homme.
Le 8 juin 1978,
Élu à l’Académie française, au fauteuil d’André François-Poncet (18e fauteuil) et reçu sous la coupole le 25 janvier 1979 par le duc de Castries.
Mort le 30 mars 1988.

 


    Cacique de la IVe République, Edgar Faure a siégé plus de six ans dans sept gouvernements et en a présidé deux sous Vincent Auriol et René Coty. Dignitaire de la Ve République, ministre de l'Agriculture et de l'Éducation nationale auprès du général de Gaulle, ministre d'État de Georges Pompidou, président de l'Assemblée nationale de 1973 à 1978, candidat pendant quelques jours à la présidence de la République en 1974, il a marqué plus de quarante ans de la vie politique française. Une intelligence aiguë et toujours en éveil, servie par une immense culture et une mémoire sans faille, une éloquence remarquable et un talent d'exposition qui lui permettait de rendre simples les questions les plus complexes, un goût prononcé pour la dialectique caractérisaient ce magicien du verbe qui, doué du génie de la conciliation, semblait avoir une vocation naturelle à occuper le devant de la scène publique.

    Homme politique, historien, juriste, académicien, Edgar Faure ne pouvait pas rester longtemps loin du pouvoir et des honneurs. Ainsi qu'il l'écrit dans ses mémoires : « C'est un trait inné de mon caractère que le goût des honneurs, l'attachement aux titres. » Pour lui, qui a souvent évoqué l'Annonciation de Botticelli comme une symbolique de l'attitude devant le pouvoir, « on ne doit pas être demandeur, quémandeur du pouvoir mais, inversement, on ne refuse pas cette responsabilité si elle s'annonce ». Le pouvoir, le service de l'État, tel devait être son destin : il ne le refusa pas.

    Edgar Faure naît le 18 août 1908 à Béziers, d'un père médecin militaire et d'une mère issue d'une famille de médecins. Les diverses affectations de son père lui valent une scolarité mouvementée : classes enfantines à Verdun, collège à Narbonne. Sa mère s'installe à Paris en 1916, car sa sœur aînée Henriette a été reçue au conservatoire à treize ans ; il fréquente alors l'école La Bruyère, institution de jeunes filles qui accueille quelques garçons, ce qui lui vaudra d'être membre d'une association d'anciennes élèves. Après le lycée d'Orléans, il poursuit ses études secondaires au lycée Voltaire à Paris. Bachelier à quinze ans et demi, il obtient un accessit en histoire au concours général. Il s'ouvre au monde qui l'entoure, lit plusieurs quotidiens, est séduit par la pensée de Charles Maurras. Inscrit à la faculté de droit et aux langues orientales où il étudie le russe, il se lie d'amitié avec Pierre Mendès France. Il crée avec quelques camarades le Club de l'université de Paris, précurseur du nouveau contrat social, qui reçoit des étudiants de diverses sensibilités politiques pour étudier en commun les problèmes politiques et s'affronter en courtoises polémiques. Il participe au lancement de revues épisodiques, dont certaines n'auront qu'un seul numéro : L'Ours en peluche, Le Cancrelat. Avocat précoce, le voici habilité à prendre en charge les affaires des autres alors que, mineur, il n'a pas la capacité de régler les siennes. Inscrit à la conférence du stage, il devient deuxième secrétaire de la conférence à dix-neuf ans, battant le record de Raymond Poincaré qui avait été promu à cette dignité à vingt et un ans, mais au premier rang. Il choisit pour thème de son discours de rentrée : « Pascal : le procès des Provinciales. » Il rencontre Lucie Meyer, nièce de Julien Cain, administrateur de la Bibliothèque nationale, qu'il épouse en 1931 et qui partagera jusqu'à sa mort, en 1977, les charges et les épreuves de son mari, l'assistant de ses conseils, voire de ses critiques, tout en poursuivant des activités littéraires. Au début de la guerre, Edgar Faure est affecté à la censure, à l'agence Havas. Il passe avec sa famille en Tunisie par le dernier paquebot à exercer une liaison régulière entre la métropole et l'Afrique du Nord, et gagne Alger où il devient l'adjoint de Louis Joxe qui assure les fonctions de secrétaire général du Comité français de libération nationale. Rentré à Paris, il est membre du cabinet de Pierre Mendès France, ministre de l'Économie, puis, après la démission de ce dernier, il occupe le poste de procureur général adjoint auprès de F. de Menthon, au tribunal militaire international de Nuremberg, chargé de juger les grands criminels du IIIe Reich.

    Après avoir été battu aux élections de 1945 à Paris, il envisage de se présenter sous l'étiquette M.R.P. dans le Puy-de-Dôme, mais finalement il se tourne vers le Parti radical et est élu lors de la troisième consultation électorale de 1946. Edgar Faure se révèle rapidement un ardent défenseur de la Franche-Comté : député du Jura jusqu'en 1958, maire de Port-Lesney en 1947, président du conseil général du Jura en 1949. Après la vague gaulliste de 1958, qui l'élimine, il entre sans difficulté au Sénat avant de revenir en 1967 à l'Assemblée nationale comme représentant du Doubs, dont il sera élu sénateur en 1980. À l'Assemblée nationale, comme au Parti radical qui comporte de nombreux « ministrables », il acquiert rapidement une réputation de sérieux que son allure souriante et sa verve viennent tempérer. Il se révèle un habile stratège et devient l'un des meilleurs navigateurs des couloirs du Palais-Bourbon. Il accède, en 1949, au côté de Maurice Petsche, ministre des Finances, au rang de secrétaire d'État, avant d'être promu ministre du Budget en 1950. Deux ans plus tard, il est président du Conseil, mais, pris dans l'opposition des modérés et des socialistes sur la politique économique, son gouvernement, qui compte quarante ministres, dure quarante jours, le président ayant posé vingt fois la question de confiance et perdu quatre kilos.

    Ministre des Finances et des Affaires économiques dans les gouvernements Laniel et Mendès France, il procède à « la relance de la relance » en mettant en œuvre un plan de dix-huit mois qui doit permettre « l'expansion dans la stabilité » et qui contribuera à l'essor de l'économie française. Ses collaborateurs les plus proches sont Jacques Duhamel et Valéry Giscard d'Estaing. Ministre des Affaires étrangères lors du remaniement du cabinet de Pierre Mendès France, il lui succède lorsque ce dernier est renversé par les partisans de la présence française en Afrique du Nord, qui l'accuse de brader l'empire.

    Mais, bien que soutenu par le centre droit et alors que son cabinet comprend de farouches adversaires de la décolonisation, Edgar Faure poursuit, par d'autres moyens, la politique entamée par son prédécesseur, faisant ratifier définitivement les accords sur la Tunisie et réglant l'affaire marocaine après le rétablissement du sultan et les accords de novembre 1955 entre Antoine Pinay et Ben Youssef (et c'est à ce propos qu'il lancera la fameuse formule de « l'indépendance dans l'indépendance »).


Edgar Faure (1908-1988)
à l'hôtel Matignon

    Le goût de la conciliation, l'esprit d'ouverture qui lui permettent de s'appuyer sur des majorités à géométrie variable (il inventera plus tard les « majorités d'idées ») n'étaient pas exclusifs de fermeté, comme il le montra dans l'affaire marocaine et plus précisément lors de la dissolution de l'Assemblée nationale, prononcée le 2 décembre 1955. Le recours à cette procédure, prévue par la Constitution, mais qui n'avait pas été utilisée depuis 1877, entraîne la victoire du Front républicain et lui vaut d'être exclu du Parti radical.

    Battu aux élections qui suivent le retour du général de Gaulle, il entre au Sénat en 1959, mais se retrouve éloigné du pouvoir. Cet homme qui ne supporte pas l'inaction entreprend alors une nouvelle carrière. Il prépare le concours d'agrégation des facultés de droit, option histoire du droit, auquel il est reçu premier. Lui qui n'avait publié qu'une étude sur la politique française du pétrole, tirée de sa thèse de doctorat, et un roman policier, M. Langlois n'est pas toujours égal à lui-même, sous le pseudonyme d'Edgar Sanday, fait paraître une importante étude historique sur La Disgrâce de Turgot. Le général de Gaulle lui confie une mission officielle en Chine où il est déjà allé en 1957, mission qui débouchera, en janvier 1964, sur l'établissement de relations diplomatiques avec la Chine populaire. Georges Pompidou, qui avait envisagé, en octobre 1962, de le faire entrer au gouvernement dans le cadre d'une politique d'ouverture, lui confie en 1966 le ministère de l'Agriculture, avec pour tâche de reconquérir un électorat sensible.

    Après les événements de mai 1968, le général de Gaulle, qui veut donner de l'imagination au pouvoir, nomme Edgar Faure à l'Éducation nationale afin de promouvoir une réforme de l'Université trop longtemps différée. Tout au long de l'été, le ministre et ses conseillers élaborent un projet qui intègre certaines revendications des étudiants et qui met en avant les principes de participation, d'autonomie et de pluridisciplinarité.

    Malgré les attaques des comités pour la défense de la République, la loi d'orientation de l'enseignement supérieur est adoptée à l'unanimité - unanimité qui exprime plus la résignation que l'enthousiasme, la majorité considérant la loi comme une concession nécessaire plutôt que comme une réforme utile. Rue de Grenelle, Edgar Faure a lancé d'innombrables réformes : tiers temps pédagogique, participations dans les lycées, suppression du latin en sixième... Élu président de la République en 1969, Georges Pompidou le remplace à l'Éducation nationale par Olivier Guichard, signifiant par là que la gestion succédait à la réforme. Éloigné du pouvoir sous le gouvernement Chaban-Delmas, Edgar Faure y revient en 1972, lors de la constitution du gouvernement Messmer, avec le titre de ministre d'État chargé des Affaires sociales, Georges Pompidou démontrant ainsi qu'il pouvait préférer l'ouverture à la rivalité. Élu président de l'Assemblée nationale en 1973, contre Jacques Chaban-Delmas, avec l'accord de l'Élysée, il pourra mettre en évidence, au « perchoir », ses talents de conciliateur soucieux de rompre les clivages partisans. Si, durant toute sa carrière, il fut fidèle au « radicalisme fauriste », ses prises de position lui valurent d'être qualifié successivement de gaulliste, même si certains partisans du général lui reprochaient son manque d'« historicité », de giscardien ou de chiraquien, voire de barriste. Il aimait, pour justifier l'éclectisme de ses choix, rappeler que « ce n'est pas la girouette qui tourne, c'est le vent qui change ».

    Collectionneur passionné de portefeuilles ministériels, élu à l'Académie française en 1979, Edgar Faure devait obtenir 1a dernière de ses nombreuses présidences en mars 1987, lorsque, après la disparition de Michel Baroin, François Mitterrand et Jacques Chirac le désignèrent à la tête de la mission de commémoration du bicentenaire de la Révolution française.

Association Edgar Faure 23, rue Nollet 75017 Paris
Venez découvrir la biographie d'Edgar Faure, sa vie, son oeuvre, sa bibliographie (La disgrâce de Turgot, Le serpent et la tortue, ...)
Vous pourrez connaître les idées du Président comme la médiation entre les partis politiques et/ou avec les particuliers, et la mise en oeuvre pratique du nouveau Contrat Social.
Mentions légales: Association - Loi 1901 n° 120 27 437 contact@edgarfaure.fr  Webmaster: Johann VITASSE