Lucie Faure

Lucie FAURE
1908-1977

Lucie Faure  est une femme de lettres, romancière, directrice de revue. Elle fut l’épouse d’Edgar Faure, homme politique, plusieurs fois ministre et président du Conseil.

Lucie Meyer naît à Paris le 6 juillet 1908. Fille d’un négociant en tissus israélite d’origine alsacienne, elle est la nièce, du côté maternel, de Julien Cain, qui fut administrateur général de la Bibliothèque nationale de 1930 à 1964.

Relieuse d’art avant la guerre, elle acquiert dans ce domaine une réputation internationale (Livre d’or des princesses d’Angleterre, 1938) et participe à de nombreux salons d’artistes décorateurs à l’étranger.

En 1931, elle épouse Edgar Faure, alors jeune avocat.

Réfugiée avec son mari et leur fille en Tunisie à l’automne 1942 puis à Alger après le débarquement américain du 8 novembre, elle est attachée au Commissariat des affaires étrangères du Comité français de libération nationale et organise l’Institut d’études slaves à l’Université d’Alger. C’est aussi à Alger qu’elle crée en 1943 avec l’écrivain Robert Aron la revue La Nef, qui sera la première à être éditée à Paris au lendemain de la Libération et dont elle assura la direction jusqu’à sa mort. De nombreux numéros de « La Nef » ont fait date, tels que ceux consacrés à des problèmes politiques et sociaux contemporains (la guerre d’Algérie, la police, les Américains, la psychanalyse, la prostitution, les femmes, la justice, la publicité, les sondages d’opinion, les libertés…).

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Proche des milieux de la Gauche intellectuelle parisienne à l’heure de la décolonisation de l’Afrique du Nord, elle assiste et conseille son mari dans ses diverses fonctions politiques, défendant en général des positions plus avancées que les siennes, tout en évitant de se placer elle-même sur le devant de la scène politique. Elle accepte cependant de lui succéder en 1970 comme maire de Port-Lesney, petite commune du Jura.

Auteur d’un Journal d’un voyage en Chine remarqué (1958), elle entame partir des années 1960 une carrière de romancière. Ses huit romans (auxquels s’ajoutèrent sept nouvelles réunies dans un ouvrage posthume) reflètent moins sa grande familiarité avec les milieux politiques que « sa curiosité intimiste pour les choses du cœur » (B. Poirot-Delpech). La complexité psychologique des sujets abordés, tels que la jalousie délirante, le suicide, le parricide ou l’homosexualité mal assumée, y est « compensée par un souci extrême de la clarté et une espèce de candeur optimiste ». Membre du jury du prix Médicis à partir de 1971, elle exerça, par sa personnalité, un grand rayonnement dans le monde littéraire parisien.

Lucie Faure décède le 25 septembre 1977 dans sa propriété de Boissise-la-Bertrand (Seine-et-Marne). Elle est enterrée au Cimetière de Passy à Paris. Elle était commandeur de la Légion d’honneur.

 

Découvrir ses oeuvres

  • Journal d’un voyage en Chine, Julliard (1958)
  • Les Passions indécises, roman, Julliard (1961)
  • Les Filles du Calvaire, roman, Julliard (1963)
  • Variations sur l’imposture, nouvelles, Gallimard (1965)
  • L’Autre personne, roman, Julliard (1968)
  • Le Malheur fou, roman, Julliard (1970)
  • Les Bons enfants, Tallandier (1972)
  • Mardi à l’aube, Tallandier (1974)
  • Un crime si juste, Grasset (1976)
  • Les Destins ambigus, Grasset (1978)