Roland DUMAS

Roland DUMAS

Proche de François Mitterrand, il a été notamment ministre des Relations extérieures de 1984 à 1986et des Affaires étrangères de 1988 à 1993. Il a ensuite présidé le Conseil constitutionnel de 1995 à 2000.

Quand François Mitterrand est élu président de la République, Roland Dumas est au premier rang de la cérémonie du 21 mai au Panthéon, pour laquelle il organise un récital de Placido Domingo grâce à sa position de défenseur de l’Opéra de Paris. Pour autant, il n’entre pas au gouvernement, et se voit confier des missions plus discrètes. Se répand alors un mot attribué à François Mitterrand : « J’ai deux avocats : pour le droit, c’est Badinter, pour le tordu, c’est Dumas ».

Au cours de l’année 1983, il est l’émissaire spécial de François Mitterrand auprès du colonel Kadhafi. Il tente de dissuader la Libye d’envahir le Tchadvia une rébellion nord-tchadienne, ce qui aurait forcé la France à intervenir pour maintenir le régime en place. Kadhafi lui promet de ne pas pénétrer au sud du 15e parallèle. Le Tchad est ainsi provisoirement coupé en deux, mais le régime de Ndjamena est maintenu grâce à l’action de la France.

Grâce à sa proximité avec la femme d’affaires Nahed Ojjeh, il effectue aussi plusieurs visites secrètes auprès du président syrien Hafez el-Assad.

En décembre 1983, il est nommé ministre des Affaires européennes puis, en plus, porte-parole du gouvernement (en juin 1984). En décembre 1984 il est nommé ministre des Relations extérieures du gouvernement de Laurent Fabius et s’engage notamment pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien. En tant que ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas signe l’Acte unique européen le . Il est élu président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale pendant la session parlementaire de l’automne 1986 grâce aux voix du Front national et d’un membre anonyme de la majorité RPR et UDF (le vote eut lieu à bulletin secret) contre Bernard Stasi ; lequel Front national donnera ses voix à Valéry Giscard d’Estaing aux sessions de 1987. il retrouve le Quai d’Orsay après la seconde victoire de François Mitterrand en 1988, malgré la tentative de Michel Rocard, Premier ministre nommé, de l’en écarter. Il y demeure jusqu’en 1993, représentant la France à l’occasion de la réunification allemande, de la fin de l’URSS et du déclenchement de la guerre du Golfe, qu’il soutient.

Son action diplomatique est notamment marquée par ses efforts en vue de la création d’un État palestinien (réception de Yasser Arafat à l’Élysée en 1989 en échange de la reconnaissance du caractère caduc de la charte de l’OLP) et de la paix au Cambodge (retour au pouvoir de Norodom Sihanouk).

Homme de réseau, franc-maçon, membre du Grand Orient de France depuis 1980, profitant de la confiance totale du Président de la République, il incarne la Françafrique mitterrandienne qui s’articule notamment autour d’Omar Bongo et d’Elf, en contact direct avec le Président de la République au détriment des Premiers ministres, et s’appuyant sur son entregent et ses collaborateurs plutôt que sur la diplomatie des fonctionnaires du Quai d’Orsay.

Il effectue également, hors fonctions officielles, des missions secrètes au profit de François Mitterrand en Afrique et au Proche-Orient, mais également pour la politique intérieure comme quand il rencontre Roland Gaucher, membre du bureau politique du Front national durant l’entre-deux-tours de la présidentielle de 1988, pour s’assurer que l’extrême-droite n’appellera pas à faire battre le candidat socialiste.

Roland Dumas est le doyen des ministres des Affaires étrangères français.

En 1995, deux mois avant la fin du deuxième septennat de François Mitterrand, Roland Dumas est nommé par le président de la République à la tête du Conseil constitutionnel. L’accueil par les sages de la rue de Montpensier, qui lui reprochent, selon Raphaëlle Bacqué, une certaine amoralité en comparaison à son prédécesseur Robert Badinter, est froid, mais il séduit rapidement par son esprit.

Quelques mois plus tard, le , il convainc ses collègues de valider les comptes de campagne d’Édouard Balladur et Jacques Chirac, malgré les dépassements et les recettes injustifiées, pour ne pas à avoir à annuler l’élection présidentielle. Pour autant, seule une fraude électorale importante peut être à l’origine de l’annulation d’une élection présidentielle de la part du Conseil constitutionnel et non des comptes irréguliers. En 2015, il confirme que ces comptes étaient « manifestement irréguliers ».

Sous sa présidence, le Conseil constitutionnel a notamment rendu une décision affirmant que l’immunité judiciaire du président de la Républiques’imposait même pour les crimes et délits de droit commun. Les affaires judiciaires (ci-dessous) le contraignent à démissionner en mars 2000.

De 1996 à 1999, il préside également l’Institut François-Mitterrand.

Après le Conseil constitutionnel, il retrouve la robe d’avocat, réinstallant son cabinet quai de Bourbon, dans l’ancien atelier de Camille Claudel. À l’extérieur des instances du Parti socialiste, où il est peu apprécié, et tenu à l’écart du cercle des mitterrandiens, il conserve une place médiatique de défenseur de l’ancien président après la mort de celui-ci, comme lors du procès des écoutes de la cellule de l’Élysée, en janvier 2005. Lors de l’élection présidentielle de 2007, il apporte son soutien à la candidate socialiste Ségolène Royal.

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